« Une présence qui demeure » — Soirée d'hommage au Dr Jacques Christian Soulié

2026 July 28

« Une présence qui demeure » — Soirée d'hommage au Dr Jacques Christian Soulié

Le premier anniversaire de la disparition du Dr Jacques Christian Soulié a été commémoré le 25 juillet 2026, en présence du Vénérable Rathanasiri Thero, du temple d'Alapalawala ; des deux invités d'honneur, Son Excellence Monsieur Rémi Lambert, ambassadeur de France à Sri Lanka et aux Maldives, et Monsieur Chandra Wickramasinghe, fondateur de Connaissance de Ceylan et de la Thema Collection ; ainsi que de ses amis et collègues de longue date, venus du réseau des Alliances françaises, des universités et de la communauté francophile de Sri Lanka.

Organisée par l'équipe de Suriyakantha, sous la direction d'Antonin Mommay et de Janaka Samarakoon, la soirée réunissait l'inauguration de la nouvelle Scène Jacques Soulié, la première de la pièce Handunagaththoth Oba Ma de Dhanuka Bandara et de sa troupe Parallel Stage, le lancement de deux ouvrages — Suriyakantha: an Art of Living in the Tropics, publié avec le soutien de la Thema Collection, et Tuk-Tuk Stories de Guilhem Beugnon —, la projection du documentaire Jacques Soulié - In Memoriam, et, en clôture, un programme musical interprété par Dhanuka Bandara et Parallel Stage.

Voici des extraits du discours d'accueil prononcé par Janaka Samarakoon.


 

Bonsoir,

Nous sommes tous réunis ici ce soir pour célébrer la vie de notre ami, de notre professeur, de notre mentor, de notre fondateur, Jacques Christian Soulié.

Il est né le 12 septembre 1939, à Montauban. Il s'est éteint le 5 juillet de l'année dernière, ici même, dans cette demeure qu'il avait faite sienne.

Une année a passé depuis qu'il nous a fallu apprendre à vivre sans toi, Jacques. Et cette année a été si différente des précédentes.

À nous, Kandyens, tu as offert le meilleur de la langue française. Tu nous as donné des leçons de psychologie. Tu nous as ouverts à la beauté des arts visuels, de la littérature, de la musique. Et tu nous as donné des yeux pour voir la beauté insaisissable du monde.

Il était déconcertant d'abord, puis attendrissant, de voir comme un petit papillon hésitant, un chaton aux miaulements insistants, la beauté fugace d'une fleur sauvage, ou le plus petit, le plus quelconque des oiseaux pouvaient te tenir en émerveillement. Tu semblais y voir comme un signe du divin.

Un cocotier périlleusement penché au-dessus du toit de ta maison ; la lourde branche d'un manguier déployée dans le ciel de Suriyakantha — jamais tu n'y as vu de menaces. Tu semblais croire que c'étaient là les signes d'une abondance tropicale qu'il ne t'appartenait pas de dompter.

Je me souviens qu'une fois, Prasanna, ton bras droit, a dû menacer de démissionner pour que tu consentes enfin à laisser couper, de ton manguier bien-aimé, la branche qui mettait la sécurité de son employeur en péril. Une autre fois, tu as accepté d'assumer le coût d'une seconde citerne sur le toit, au cas où une noix de coco viendrait à tomber et à crever la première, plutôt que de faire abattre par précaution le palmier incriminé, ce majestueux cocotier.

Et je dois l'avouer : lorsque nous regardons ce cocotier, épargné par toi et aujourd'hui splendide, nous comprenons pourquoi tu l'as défendu si vaillamment. Quant au manguier, amputé de son bras gauche, il fait aujourd'hui peine à voir.

Tu avais souvent raison, Jacques. Nous ne l'avons, le plus souvent, compris qu'après coup.

Tes oiseaux, tes arbres — j'en suis certain — se souviennent de toi ; du haut de leurs perchoirs, ils doivent te chercher encore.

Cette soirée est pour toi, Jacques.

Et elle est pour nous. Pour toutes les leçons que nous avons reçues. Pour tout le bonheur que nous avons partagé.