
Avec son profil bas et incliné, ses longs accoudoirs élégamment prolongés pouvant basculer ou se replier vers l’avant pour servir de repose-jambes, la chaise de planteur du Sri Lanka était spécialement conçue pour la vie en véranda tropicale.
Son assise en rotin tressé, à la fois ventilée et confortable, permettait aux planteurs de thé et de café — souvent chaussés de lourdes bottes de cavalier — d’étendre leurs jambes, de profiter de la brise et de contempler le domaine au crépuscule.
Cette pièce de mobilier colonial illustre la rencontre entre influences européennes et savoir-faire cinghalais. Les fonctionnaires britanniques et négociants confiaient aux artisans locaux le soin de transformer les chaises de campagne portatives en sièges plus imposants, réalisés dans des bois durs indigènes tels que le teck, le satinwood ou l’ébène. L’assemblage chevillé, résistant à l’humidité de la mousson, garantissait une grande solidité.
Dès la fin du XIXᵉ siècle, la chaise de planteur s’était imposée comme un élément incontournable des bungalows de plantation, de Nuwara Eliya à Galle. Dans les inventaires coloniaux, elle était même désignée simplement comme « chaise de véranda ».
Au-delà de son usage pratique, la chaise de planteur raconte une histoire complexe : celle de l’échange entre goûts européens et savoir-faire sri-lankais, de l’économie des plantations, et des rituels de sociabilité — gin-tonic au coucher du soleil — qui rythmaient le quotidien du Ceylan colonial.

Chaise de planteur (« chaise de véranda ») © Janaka Samarakoon – Suriyakantha CAC Pvt Ltd.
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