
Depuis qu’il explore le monde, l’être humain en dessine les contours — des marques préhistoriques sur les parois des grottes jusqu’aux relevés de Babylone, de la Grèce et de l’Asie, en passant par les grandes expéditions maritimes et jusqu’à nos jours.
Au Sri Lanka, la cartographie moderne commence avec l’arrivée des puissances maritimes européennes, il y a cinq siècles. Leurs cartes répondaient à une finalité stratégique : protéger les routes commerciales le long des côtes de l’océan Indien. Commerce et conflits allaient de pair, et ces documents devenaient rapidement des secrets jalousement gardés.Située au carrefour des antiques routes maritimes, renommée pour ses éléphants, ses épices et ses pierres précieuses, l’île suscita très tôt la curiosité étrangère. Des auteurs romains, grecs, persans et arabes jusqu’aux navigateurs européens, le Sri Lanka — alors connu sous le nom de Taprobane — fut maintes fois cartographié, étudié et convoité. Le savant gréco-égyptien Claude Ptolémée en laissa la représentation la plus influente, traduite ensuite en arabe puis redécouverte dans l’Europe de la Renaissance. Pourtant, au cours des treize siècles qui suivirent, seuls deux autres témoignages cartographiques sont connus : celui du géographe arabe al-Idrisi et celui du moine-cartographe vénitien Fra Mauro, qui évoqua les « merveilles de Ceylan », du pic d’Adam aux rubis légendaires de l’île.
La collection de Suriyakantha s’ouvre au XVIIᵉ siècle, avec les cartes de Ciprian Sanchez pour les Portugais et celles de Nicolas de Fer, qui livra la première topographie détaillée de l’île. Parmi les pièces maîtresses figurent la carte de Giovanni Antonio Magini, publiée à Londres par Robert Knox après son évasion de captivité, ainsi que les gravures raffinées des maîtres français Alain Manesson Mallet, Guillaume Delisle et Jacques-Nicolas Bellin — dont la carte de Ceylan nomme avec une remarquable précision ses ports, ses rivières, ses forêts et ses montagnes.
Aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles apparaissent de nouveaux noms : la famille de Vaugondy, Brion de la Tour, Rigobert Bonne, Aaron Arrowsmith, John Rapkin, Edward Weller et Charles Dyonnet — tous alliant le raffinement artistique aux savoirs géographiques les plus récents.
Ensemble, ces cartes ne dessinent pas seulement côtes et reliefs : elles retracent aussi l’histoire des rencontres entre le Sri Lanka et le reste du monde — récits de commerce, d’ambition et d’exploration, gravés à jamais dans le papier et l’encre.
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