Suriyakantha

Séjourner à Suriyakantha

…Le temps y passe autrement, car l'espace n'y ressemble à nul autre.

Suriyakantha n'est pas un hôtel. C'est une demeure ancestrale kandyenne, une walawwa, devenue musée et centre culturel, où une chambre unique reste ouverte à ceux qui souhaitent découvrir de l'intérieur l'art de vivre à la kandyenne.

On y dort entre les livres anciens, les tableaux, les cartes maritimes et les manuscrits d'ola de la collection ; on y prend son petit-déjeuner sur la véranda, face au jardin — un fragment de forêt kandyenne à peine apprivoisé et peuplé d'oiseaux endémiques et d'arbres fruitiers qui font la fierté de ce territoire d'exception.

Le temps y passe autrement, car l'espace n'y ressemble à nul autre.

L'espace salon du logement © 2026 Joséphine Bertin pour Suriyakantha CAC Pvt Ltd
 
Le lieu

La maison s'ouvre sur un jardin tropical, une terrasse et un patio intérieur. La chambre, avec accès direct à la véranda principale, donne sur la verdure. Le calme est celui de la campagne kandyenne : les oiseaux au petit matin, la lumière qui traverse les colonnes blanchies à la chaux, la pluie sur les tuiles à la saison des moussons.

Un stationnement privé gratuit est disponible sur place.

 

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L'espace se restauration qui se déploie autour de la cour intérieure © 2026 Joséphine Bertin pour Suriyakantha CAC Pvt Ltd

 

Ses résidents en parlent mieux que nous…

La vaste maison s'éveille dans l'obscurité. Je glisse à tâtons sur le sol de béton poli et frôle les lourds meubles hollandais qui peuplent les salons, dissimulant encore leurs délicates incrustations d'ébène. Commence alors l'immuable rituel des cliquetis. Loqueteau après loqueteau, la lumière s'invite, glisse sur les photos jaunies, les plats de Hollande, les manuscrits de talipot, sème de petites étincelles sur les boîtes à bétel et les lampes cérémonielles, déroule lentement les chats enchevêtrés. Soustraits pour la nuit à leur convoitise, les coussins de cotonnades joyeuses retrouvent leurs fauteuils et méridiennes cannés. 

— Guilhem Beugnon, Tuk-Tuk Stories, Éditions Suriyakantha, 2026, 160 p., 3 000 LKR.

 

Aux alentours

Le circuit des trois temples

À quelques minutes de la maison s'ouvre l'un des ensembles les plus remarquables de l'art cinghalais : trois sanctuaires du XIVᵉ siècle, contemporains les uns des autres, édifiés sous le royaume de Gampola, et que relie un sentier à travers les rizières.

  • Gadaladeniya — élevé en 1344 sur une dalle rocheuse, à Diggala, sous le règne de Bhuvanekabahu IV, d'après les plans de l'architecte sud-indien Ganesvarachari. Le temple de pierre, où l'art de Vijayanagara rencontre la tradition cinghalaise ; des fresques subsistent dans les chapelles.
  • Lankathilaka — de brique, dressé sur un rocher que l'on gagne par un long escalier taillé depuis les rizières ; l'un des édifices les mieux conservés du royaume de Gampola. Peintures de la période gampolienne dans la chambre du Bouddha.
  • Embekke — le devalaya de bois, fondé sous Vikramabahu III (1357-1374) et dédié à Kataragama deviyo. Sa salle des tambours, aux trente-deux piliers de fer-de-lance sculptés, passe pour le sommet de la sculpture sur bois de l'île : cygnes entrelacés, lutteurs, danseuses, aigles bicéphales.

    Les trois se visitent en une demi-journée, à pied ou en tuk-tuk, pour qui veut prendre le temps du paysage.
Eladetta, le village de Robert Knox

Sur la route de Daulagala, à une dizaine de kilomètres de Kandy, le hameau où le marin anglais Robert Knox, captif du royaume kandyen pendant près de vingt ans, acheta une terre, bâtit sa maison et planta son verger. L'acte de vente fut consigné sur feuilles d'ola. C'est d'Eladetta qu'il s'évada en 1679 ; de son exil naîtra An Historical Relation of the Island Ceylon (1681), premier grand témoignage européen sur la vie kandyenne — et l'une des sources de Robinson Crusoé. Une stèle posée en 1908 marque encore l'emplacement de sa demeure.

Dans la bibliothèque de Suriyakantha, Dorothy découvre plusieurs éditions de An Historical Relation of the Island Ceylon de Robert Knox.
— Le K se prononce ?, demande-t-elle à Prasanna, toujours soucieuse de perfection linguistique.
— Don’t you know?, répond-il avec un sourire. Savez-vous qu’il a vécu tout près d’ici, dans le village d’Eladetta ?
— Let’s go!
Quelques minutes suffisent pour quitter les pages du livre et entrer dans son décor. À bord du tuk-tuk bleu impérial de Desirathna, le frère de Prasanna, nous prenons la direction d'Eladetta.
La route serpente entre Daulagala Road et Geli Oya-Embekke Road. En contrebas, des rizières d'un vert de jade s'animent sous une nuée de cerfs-volants multicolores. Dorothy dégaine aussitôt son téléphone. Plus haut, quelques maisons assoupies se fondent dans le vert profond des palmiers. Pas une voiture.
Au détour d’un virage, Desirathna s’arrête devant une modeste stèle presque engloutie par la végétation.
« The Robert Knox Memorial », annonce-t-il avec fierté.
Le nom de quatre Anglais est gravé dans la pierre, à peine lisible sous la mousse. L’inscription indique qu’ils vécurent ici entre 1670 et 1679, dans un paysage qui, je l’imagine, n’a guère changé depuis. Des quatre, Robert Knox est sans conteste le plus fascinant. Son existence est une aventure à elle seule et je m’étonne qu’aucun cinéaste ne s’en soit encore emparé.

— Guilhem Beugnon, Tuk-Tuk Stories, Éditions Suriyakantha, 2026, 160 p., 3 000 LKR.

 

Et aussi
  • Jardin botanique royal de Peradeniya — 5,9 km
  • Gare de Penideniya — 4 km
  • Gare de Kandy — 11 km
  • Kandy City Centre et stade Bogambara — 12 km
  • Base d'hydravions du réservoir Victoria — 33 km
  • Pinnawala Elephant Orphanage — 34 km